Les limites de la politique européenne de spécialisation des territoires

Photo : Les limites de la politique européenne de spécialisation des territoires

L’Union Européenne étant traversée par de nombreuses inégalités régionales, il est vite apparu nécessaire de proposer des financements publics européens pour les réduire et atteindre cet objectif de cohésion économique, sociale et territoriale. La politique de cohésion de l’UE, qui représente 35 % de son budget total soit 351,8 milliards d’euros, a été mise en place il y a une trentaine d’années. Depuis, cette politique a subi de nombreux changements, en partie liés aux élargissements successifs qui se sont opérés.

Le contexte économique a joué un rôle majeur dans les inflexions qu’a connues la politique de cohésion. En particulier, la crise économique et financière de 2008 qui  a été l’un des déclencheurs de la nécessité de repenser cette politique. Une nouvelle approche territorialisée a alors vu le jour, autrement dit la distribution des fonds européens en prenant en compte les spécificités locales de chaque région d’Europe.

Cette nouvelle approche est cohérente avec la stratégie « Europe 2020 » pour une croissance « intelligente, durable et inclusive » qui vise à mettre en œuvre  une « stratégie de spécialisation intelligence », en prenant en compte les caractéristiques institutionnelles, culturelles et sociales pour mieux s’adapter aux spécificités locales. Il s’agit d’inciter les régions à adopter des modèles de développement économique adaptés à leurs atouts et à leurs contraintes, ce qui permet d’utiliser les fonds européens de manière plus efficace. Elle renforce aussi les synergies entre les politiques de recherche et d’innovation développées aux niveaux européen, national et régional, et permet de concentrer les investissements.

Les objectifs sont nombreux :

  • mettre en œuvre une économie de la connaissance basée sur les innovations ;
  • favoriser l’inclusion sociale en réduisant les inégalités liées à l’éducation en participant au développement des compétences des citoyens européens et en améliorant leur employabilité ;
  • lutter contre la pauvreté.

Seulement, de nombreux doutes subsistent. La spécialisation est-elle une stratégie 100% gagnante ? Des risques d’immobilisation économique sont-ils encourus ? L’approche collective de la politique de cohésion répond-t-elle aux besoins des régions européennes ? Retrouvez l’analyse complète de Sébastien Bourdin, professeur en développement durable et territorial à l’EM Normandie sur The Conversation.

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