Polémique autour de Master Poulet à Saint‑Ouen : existe‑t‑il un lien entre fast‑food et désertification du centre‑ville ?

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L’opposition du maire de Saint-Ouen, en région parisienne, à l’ouverture d’un restaurant de l’enseigne Master Poulet dans sa commune pose la question de la place de la restauration rapide dans les centres-villes. La multiplication de ces enseignes est parfois accusée d’en accélérer la désertification. À moins que ce ne soit l’inverse ? Qu’en dit la recherche ? Lutter contre ce mouvement a-t-il une probabilité de réussite ? Quels sont les moyens les plus efficaces d’y parvenir ?

Nice-Matin rappelait dans son édition du 9 octobre 2025 que la France rurale voyait disparaître ses commerces alimentaires à un rythme alarmant. Ce sont près de 62 % des communes qui ne disposeraient d’aucune boulangerie, épicerie ni de bar. En 1980, on n’en dénombrait que 25 % dans la même situation. En quarante ans, ce phénomène a plus que doublé, illustrant la désertification progressive des campagnes françaises. Dans le même temps, la grande majorité des villes a vu le tissu de commerces de proximité évoluer drastiquement.

Le Parisien (2021) rapportait par exemple qu’à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), on comptait 18 fast-food pour 12 pharmacies. À l’inverse, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), on recense 18 pharmacies, six fast food ou sandwicheries auxquels s’ajoutent plusieurs bars à salade « premium ». Dans des villes de moindre taille, hors d’Île-de-France, l’équation se vérifie aussi. À Annonay (Ardèche), l’une des communes les plus touchées par la désertification commerciale, on recense aujourd’hui 13 enseignes de tacos, kebabs, burgers et pizzas à emporter, pour sept pharmacies, soit pratiquement le double. Même population, région différente : à Vire (Calvados), ce sont cinq enseignes pour sept pharmacies.

La comparaison entre le nombre de lieux de restauration rapide et le nombre de pharmacie permet de mieux appréhender l’âge moyen d’une population. En effet, plus la population est vieillissante, moins elle serait portée vers des offres comme le fast-food.

Des liens entre malbouffe et désertification

Certains travaux en urbanisme et en santé publique indiquent ainsi qu’il existe des liens indirects (mais réels) entre l’implantation d’enseignes de malbouffe (fast-food), la désertification des centres-villes (fermeture de commerces, baisse de diversité commerciale…). L’aggravation des risques de santé et l’attractivité – ou le manque d’attractivité – pour certaines nouvelles populations.

Un article à retrouver dans son intégralité ici !

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