L’investissement en whisky : faut-il avoir foi en la parole des experts pour trouver la voie de la rentabilité ?

En une dizaine d’années, le whisky est devenu, à l’image du vin, un véhicule d’investissement particulièrement profitable : aujourd’hui, une bouteille de ce spiritueux ne s’achète plus nécessairement pour être consommée – avec modération, l’abus d’alcool étant dangereux pour la santé – et partagée entre amis mais aussi pour être éventuellement revendue avec de substantiels bénéfices. 

En effet, certains indices de marché de cet actif ont plus que doublé sur les cinq dernières années. Une fois ce constat effectué, comment sélectionner les bouteilles les plus prometteuses ? Sans surprise, l’investisseur néophyte peut anticiper que les productions de distilleries ayant cessé leur activité depuis plusieurs décennies (Brora, Port Ellen, Hanyu…) sont des choix relativement peu risqués. En revanche, il lui est moins évident d’identifier chez son caviste les futures pépites parmi les bouteilles proposées par les distilleries actuellement actives. 

Les premières recherches sur l’investissement en whisky ont permis d’établir que la rentabilité d’une bouteille est liée, entre autres variables, à la réputation, et donc à la qualité de la production de sa distillerie. Etant donnée la corrélation entre qualité du produit et rentabilité de l’actif, l’investisseur débutant peut choisir ses futures acquisitions en s’appuyant sur la Jim Murray’s Whisky Bible, l’équivalent malté du Robert Parker Wine Advocate connu des amateurs de vin. Avec Bruno Pecchioli (ICN ARTEM Business School), nous avons voulu savoir si les notes de dégustation fournies dans la Whisky Bible impactent la valeur d’investissement d’un whisky et si par conséquent, la connaissance de ces évaluations est une information utile pour l’investisseur. 

Pour répondre à ces questions, nous avons analysé les prix de vente proposés sur une plateforme d’investissement spécialisée sur le marché du whisky en nous concentrant sur des single malt écossais bénéficiant d’une évaluation dans la Whisky Bible. Nous nous sommes focalisés sur ces single malt pour deux raisons. La première, économique, est que ce type de whisky est, avec le whisky japonais, celui offrant les retours sur investissement les plus élevés. La seconde, économétrique, est qu’en revanche, le whisky écossais présente une diversité de distilleries, et donc de marques, plus forte que son homologue japonais. 

Les résultats de nos recherches, publiés dans le Journal of Wine Economics, établissent que les notes d’évaluation de la Whisky Bible n’ont pas d’impact sur le marché de l’investissement et ne constituent pas un prédicteur puissant de la valeur future d’une bouteille : l’investisseur ayant une bonne connaissance de l’industrie, bien informé de la qualité de la production des différentes distilleries et capable d’anticiper l’évolution de leurs réputations respectives, peut se passer des évaluations de Jim Murray pour identifier les bouteilles les plus rentables. En revanche, la Whisky Bible peut être un guide pertinent pour accompagner les premiers pas de l’investisseur néophyte. Cependant, si vous souhaitez investir en vous appuyant sur la parole de Jim Murray, sachez que l’édition 2021 de sa bible regroupe plus de 4 700 évaluations… 

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