Des niveaux de pollution historiquement bas aux rivières plus propres, l’ampleur sans précédent des mesures de confinement visant à lutter contre la propagation du coronavirus (COVID-19) a entraîné de nombreux changements dans notre environnement immédiat.

Sommes-nous prêts à une décroissance ?

Si beaucoup saluent cette période de décroissance, il est fort à parier qu’une fois la pandémie gérée, le modèle de croissance habituel repartira comme avant.

Pour assurer un changement durable du système économique, les consommateurs doivent commencer par chercher à reconstruire une « économie différente ». Cette économie alternative serait basée sur une consommation plus locale et plus sobre. Mais à quel prix ? Pouvons-nous (pour ceux qui n’ont pas forcément les moyens) ou sommes-nous prêts (pour ceux qui ont les moyens) à payer plus cher des biens de consommation parce qu’ils ne sont pas produits dans des pays à bas coûts mais par une main d’œuvre locale ?

Sommes-nous prêts à faire des concessions sur notre consommation de biens et services, tels que nous avons été obligés de le faire du fait du confinement ? Répondre à ces deux questions peut mettre mal à l’aise. Car le capitalisme économique repose sur l’augmentation des niveaux de consommation motivée par les désirs plutôt que par les besoins. De nombreuses recherches en marketing, anthropologie et en sociologie montrent comment les notions dominantes de ce que serait une « bonne qualité vie » se sont lentement transformées en une notion matérialiste. Cela signifie que nous utilisons maintenant des biens matériels pour gagner un statut, construire des identités, marquer le succès.

De nombreux chercheurs comparent l’état actuel de l’économie avec l’état de décroissance.  Cependant, je soutiens que cette comparaison est non seulement conceptuellement incorrecte mais aussi simpliste. Nous devons reconnaître que la pandémie est un facteur externe, autrement dit un choc économique qui induit un ralentissement radical de l’économie. Mais aucun changement politique et économique à ce jour n’est intervenu au niveau systémique pour assurer la durabilité d’un tel changement.

La Covid-19, une opportunité pour pratiquer la décroissance ?

Pour parvenir à un état de décroissance durable, nous devons, en tant que consommateurs, prendre conscience de l’interconnexion complexe entre nos notions construites de ce que serait une « bonne qualité de vie » et notre décision de consommation. La première étape de la décroissance consisterait à comprendre comment nous, en tant que consommateurs, négligeons l’équilibre écologique et prenons par conséquent la décision consciente de s’en écarter.

Dans un deuxième temps, nous devons veiller à ce que la richesse produite dans le cadre de la décroissance – ou de la croissance contrôlée de l’économie – soit orientée en partie pour assurer une « bonne qualité de vie » aux personnes défavorisées sur le plan socio-économique, ce qui exige un certain nombre de sacrifices de la part des couches privilégiées de la société.

On se demande beaucoup s’il y aura un après Covid-19, si les élus nationaux mettront en place des politiques de relocalisation des entreprises et de l’emploi. Je n’y crois pas ! Je pense que le changement durable du système économique ne peut avoir lieu que si la principale force motrice interne du système – les consommateurs – commence à valoriser des choses que le système actuel ne peut pas simplement offrir. Il s’agira d’un lent changement socioculturel, mais cela semble être la seule façon de réaliser un changement durable.

On pourrait se demander dans quelles mesures nos actions individuelles peuvent stopper (sinon ralentir) cette recherche effrénée de la croissance économique, avons-nous un poids ? La crise actuelle du COVID-19 nous montre à quel point chaque action de chaque individu a un impact sur l’ensemble des choses. Il est grand temps que nous prenions au sérieux cette pause économique, et comme la plupart d’entre nous ne peuvent plus sortir, nous devrions nous concentrer sur ce qu’est « une bonne qualité de vie », en sommes, revenir à l’essentiel.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>