Depuis deux décennies, on assiste au phénomène du déploiement rapide à l’international de « jeunes pousses » souvent dans le secteur du digital ou des biotechnologies qui brûlent quasiment l’étape nationale. En dépit de leur expérience limitée des marchés nationaux, ces entreprises se lancent sur les marchés étrangers peu de temps après leur création.

Par comparaison à une démarche classique de PME, leur internationalisation commence plus rapidement, et elles engagent très vite des ressources dans leurs activités à l’étranger. C’est ce que montrent plusieurs études qui mettent en évidence un schéma distinctif du processus d’internationalisation comparé à d’autres PME (Bell et al., 2003 ; Knight et Cavusgil, 1996). Ces études indiquent également que les théories traditionnelles sur l’internationalisation des entreprises ne s’appliquent pas à leur cas (Zahra et George, 2002 ; McDougall et al., 1994).

Comme pour toute entreprise, différents facteurs, qu’il s’agisse des dimensions financières, économiques, techniques ou professionnelles, sont à l’origine du lancement des entreprises nées globales. L’importance de différents types de réseaux pour l’internationalisation des jeunes entreprises est toutefois de plus en plus reconnue (Coviello, 2006). Des liens au sein des réseaux, à la fois faibles et forts, ont des conséquences sur l’internationalisation précoce.

Ces facteurs divergent selon les entreprises, en particulier quand on prend en compte les niveaux de développement technologique qui les caractérisent. Kiss et Danis (2008), dans leur modèle théorique, posent que si des liens forts et faibles ont un impact positif et direct sur la rapidité de l’internationalisation, la force relative de ces liens dépend du développement institutionnel du pays, qui est susceptible d’avoir un effet sur la composition des liens. La place accordée par les entrepreneurs aux réseaux sociaux varie selon les pays ; dans ceux qui présentent un niveau de développement institutionnel plus faible, les entreprises ont tendance à s’appuyer davantage sur les liens sociaux que dans celles des économies développées.

Adoptant une démarche déductive et quali- tative, notre recherche discutera le modèle présenté par Kiss et Danis (2008), en sélectionnant un échantillon d’entreprises nées globales pakistanaises et françaises. Nous étudierons aussi l’effet modérateur du secteur d’activité sur la structure des réseaux des entreprises nées globales, la littérature récente ayant également soutenu que la valeur des liens d’attachement et des liens qui créent des ponts, varie aussi entre les activités de faible et de haute technologie (Rowleys et al., 2000). La littérature pose que le bon équilibre entre capital humain et social dépend pour une large part de l’environnement opérationnel (Madsen et al., 2008).

Le secteur d’activité dans lequel l’entreprise a été créée peut aussi influer sur la structure et sur la configuration des réseaux (Brass et al., 2004). Déjà en 1967, Lawrence et Lorsch établissaient que la stratégie, la structure et les ressources des entreprises doivent correspondre aux exigences des environnements extérieurs (Lawrence et Lorsch, 1967), c’est pourquoi nous montrerons que, dans le cas des entreprises nées globales, la structure et la configuration des réseaux peuvent être influencées non seulement par le niveau de développement institutionnel d’un pays, mais également par le secteur d’activité dans lequel opère l’entreprise. Après avoir présenté la littérature relative aux entreprises nées globales et défini notre cadre d’analyse, nous justifierons l’approche méthodologique retenue pour enfin discuter les résultats de notre recherche.

Découvrez l’étude complète de Christophe Estay.


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