Libérer le potentiel de décarbonisation de l’hydrogène vert

L’Europe peut-elle gagner la course de l’hydrogène vert ? En tant que vecteur énergétique, l’hydrogène vert a le potentiel de décarboner des pans entiers de l’industrie, y compris des secteurs difficiles à décarboner qui nécessitent un carburant à haute densité énergétique ou de la chaleur à l’échelle industrielle, comme le raffinage, l’acier et les transports. Toutefois, le coût et le transport sont les facteurs fondamentaux qui détermineront probablement l’adoption à grande échelle de l’hydrogène vert, à un moment où les budgets publics seront axés sur la relance après la Covid-19. 

À mesure que ce secteur commence à gagner du terrain, la production devrait d’abord avoir lieu près des centres de consommation afin de maintenir les exigences et les coûts d’investissement en matière de transport à un niveau gérable. Les consommateurs peuvent également être confrontés à des dépenses liées aux conversions technologiques nécessaires pour passer d’autres carburants à l’hydrogène. 

Pour favoriser une adoption plus large, le prix de l’hydrogène vert devra concurrencer les combustibles fossiles traditionnels. Au minimum, il faudrait toutefois que cette concurrence soit soutenue par des coûts d’émission de carbone payables par les émetteurs de carbone afin d’établir des conditions de concurrence équitables entre les sources d’énergie à faible et à forte teneur en carbone. 

Des électrolyseurs plus grands et plus efficaces, alimentés par une énergie renouvelable abondante, principalement l’énergie solaire, sont également essentiels pour faire baisser les coûts. Actuellement, la course est lancée dans le monde entier pour construire les giga-usines d’électrolyseurs nécessaires pour faire de l’hydrogène vert une alternative rentable aux sources d’énergie productrices de carbone. 

Où en est l’Europe ? 

Si un investisseur veut de la technologie, de la croissance et de l’innovation, il va aux États-Unis ou en Asie. Dans l’esprit de nombreux investisseurs, l’Europe est là pour apporter du « piment cyclique » supplémentaire à des moments spécifiques du cycle économique. 

Les facteurs à l’origine de la création du pôle technologique américain, la Silicon Valley, ont largement contribué à son succès, à savoir l’expertise technique, l’accès aux capitaux et l’impulsion politique. La région a combiné une base de recherche scientifique qualifiée dans des universités locales telles que Stanford, l’accès à un capital-risque abondant et des dépenses publiques axées sur la recherche de solutions technologiques à la course mondiale à l’armement et à l’espace. 

Des ingrédients similaires existent en ce qui concerne la position de l’Europe dans la transition environnementale (l’expertise de sa base d’ingénieurs, un financement important et la volonté politique claire de conduire le changement). 

Plutôt que de faire appel à des sociétés de capital-risque privées pour soutenir les idées qui sortent d’un garage de Palo Alto, il faut un engagement au niveau gouvernemental pour susciter les changements sociétaux nécessaires à la transformation de l’ensemble de l’économie, des réglementations pour imposer des changements dans l’offre, des subventions pour stimuler la demande et d’importantes dépenses fiscales pour créer l’infrastructure nécessaire à la transition de l’économie des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables à l’avenir. 

Ce n’est pas un hasard si la réponse de l’Europe à la pandémie de Covid a centré son Fonds européen de relance, doté de 750 milliards d’euros, sur la promotion d’une relance verte, en associant la puissance de feu financière à l’ensemble du pouvoir réglementaire afin d’orienter les entreprises, les institutions et les investisseurs vers cet objectif. 

Le soutien politique aux solutions vertes s’allie aux compétences en matière d’ingénierie inhérentes aux grandes réussites des entreprises européennes dans des secteurs tels que la chimie, l’automobile, la production d’énergie, l’industrie, la construction et les services publics. 

L’hydrogène est un thème fortement émergent en termes d’ « écologisation » de l’industrie lourde et des transports. La concurrence dans ce domaine va certainement s’intensifier à mesure que l’élan politique mondial et les dépenses s’accélèrent, notamment aux États-Unis et en Chine. Mais la croissance envisagée post-Covid19 est une opportunité pour les actionnaires et les parties prenantes de se mettre en marche et de profiter du plan de relance européen. L’Europe ne doit pas rater ce tournant technologique, au risque de continuer de décrocher en termes d’innovations environnementales 

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