L’EM Normandie à l’école du soft power

Photo : L’EM Normandie à l’école du soft power

De l’Angleterre à la Chine, en passant par les Émirats Arabes Unis ou le Vietnam, l’EM normandie affirme son soft power ! Entretiens avec les acteurs d’un développement gagnant !

Jérôme Buisson. Elian Pilvin, vous êtes désormais Directeur Général délégué de l’EM Normandie, pourriez-vous nous expliquer la stratégie de l’école en termes de développement à l’international ?
Elian Pilvin. L’international a toujours été dans l’ADN de l’école ; mais depuis 2004 et la création de l’association EM Normandie, c’est devenu l’axe fort de notre stratégie de développement. D’abord, parce qu’à partir de 2022, le marché intérieur français des grandes écoles arrivera à son plateau de croissance, et qu’il nous faut trouver des relais ailleurs ; ensuite, parce qu’il existe aujourd’hui un véritable marché mondial de la mobilité étudiante.
Pour nous imposer dans cette compétition où nous rivalisons avec plus de 500 institutions de premier plan, nous avons fait le choix d’ouvrir nos propres campus à l’étranger et, après Oxford et Dublin, nous réfléchissons désormais à une installation sur le territoire nord-américain. Nous développons également des partenariats avec des universités étrangères, élaborons des portefeuilles de formation attractifs pour attirer les meilleurs étudiants et concevons des programmes spécifiques qui renforcent, chaque jour un peu plus, la présence de l’EM Normandie dans le monde.
À ce niveau d’excellence, l’enseignement supérieur fonctionne sur une rente de notoriété d’autant plus efficace que notre pouvoir de rayonnement international est vaste. Toutes les écoles françaises ont une image de marque internationale, seules les stratégies diffèrent. Dans le top 15 des grandes écoles, 6 institutions seulement ont pris la décision d’ouvrir des campus à l’étranger.

J. B. Ce pouvoir de rayonnement ne passe donc pas seulement par l’ouverture de campus à l’étranger ?
E. P. Absolument ! Nous travaillons depuis 5 ans avec l’État vietnamien sur un projet intitulé Smart Nation. Avec 100 millions d’habitants, le Vietnam souhaite devenir un pays leader en matière de e-gouvernement et s’équipe d’infrastructures qui permettent d’utiliser au mieux tout ce qui est digital pour piloter le pays. Dans ce grand projet, l’EM Normandie est un partenaire officiel du volet intitulé Smart Education, et nous participons à la mise en place de plateformes d’apprentissage, de la maternelle à l’enseignement supérieur, appelées MOOKEEN. Les étudiants peuvent y trouver des contenus spécifiquement liés à leur formation, et les professeurs, la matière de leurs cours. Nous accompagnons également le gouvernement sur la montée en compétences des cadres dirigeants de la fonction publique territoriale par des formations en finance publique, réforme territoriale, tourisme durable… Enfin, nous aidons des universités à développer leurs propres programmes diplômants. En termes de soft power, c’est une relation gagnant-gagnant : l’école fait bénéficier ses partenaires de son expertise, développe ses savoir-faire et gagne en notoriété. L’effet d’image est important puisque ces projets nous permettent de diffuser d’autres programmes dans d’autres pays. En Chine, nous développons depuis deux ans un programme doctoral (DBA) et, depuis septembre 2019, un MBA. Nous avons également signé un partenariat avec une université de Dubaï (Émirats Arabes Unis), pour mettre en place des formations diplômantes dans le tourisme, la logistique, etc. Un master s’ouvre en septembre autour de la FinTech, et d’autres programmes verront bientôt le jour.

J. B. Quelle est, selon-vous, la spécificité du soft power de l’EM Normandie ?
E. P. Plus qu’une pédagogie, nous exportons surtout une expertise dans des domaines de compétences spécifiques liés au très haut niveau de spécialisation de notre corps enseignant, et en nous appuyant sur le digital, qui est l’une des forces de l’école. Ce n’est pas simplement l’enseignement français qui se diffuse à l’international, c’est un enseignement supérieur qui part de France, mais qui a une vocation globale, qui passe les frontières, répond aux besoins spécifiques de nos partenaires et s’adapte à tous les contextes. Une des spécificités du soft power de l’EM Normandie est que nous intervenons dans une logique de discussion avec les institutions que nous accompagnons dans leur réflexion. Ce dialogue avec d’autres cultures éducatives favorise la mise en place de liens très forts, et alimente, en retour, nos propres réflexions quant au modèle de développement qui est le nôtre. L’école aujourd’hui est beaucoup plus internationale qu’elle ne l’était jusque-là, tant dans son organisation administrative qu’au niveau du corps enseignant. C’est une mutation sans précédent dans son histoire, et qui, elle aussi, pèse considérablement sur les accréditations internationales EQUIS et AACSB que nous détenons déjà.

Propos recueillis par Jérôme Buisson

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