Le sensible au seuil de l’éthique

Photo : Le sensible au seuil de l’éthique

Influer positivement sur le monde quand il s’écroule, inventer des possibles quand l’impossible fait loi, c’est à quoi Aude Thorel (promotion 1998) offre sa force et sa sensibilité.

Une passion intarissable

Aude côtoie Médecins Sans Frontières sur le terrain, pendant la guerre du Kosovo (1999), et décide de rejoindre l’organisation. Depuis 18 ans, son enthousiasme premier n’a pas décliné : « Il y a une flamme qui anime chacun de mes collègues, témoigne-t-elle avec ardeur, que ce soit au siège, dans les autres bureaux MSF à travers le monde ou sur le terrain, un engagement individuel et collectif. Le souci de la personne, de l’humain, l’éthique professionnelle ou médicale, c’est ce qui fait la différence, parce que chacun a la possibilité d’agir. C’est une énorme force ! »

Entre la tête et le coeur, une conscience qui se risque

Responsable d’une organisation de plus de 7 000 personnes en tant que Directrice des Ressources Humaines, Aude effectue au moins une visite par an sur le terrain : « Les missions et les hôpitaux dont on a la gestion, c’est le coeur de notre travail, assure-t-elle ; c’est difficile d’avoir un poste à responsabilité sans être connecté avec cette réalité-là. » La réalité, c’est souvent se confronter à ses doutes, à sa propre impuissance, parfois même à l’accablement. « En 2014, je suis allée au Libéria, travailler sur l’Ebola. Il n’y avait alors aucun traitement. Les gens nous suppliaient de les aider… C’était cataclysmique, dit-elle dans un souffle. On a pris des risques incroyables pour les secourir. Nous avons tenté des choses inédites dans le monde, que nous avons partagées avec les autres intervenants médicaux, pour qu’ils soient moins isolés face au virus. » Peu à peu l’expérience aiguise sa faculté d’analyse, et entre pragmatisme et sensibilité, Aude conduit sa raison. « Aujourd’hui, face au malheur, j’ai un mode de fonctionnement à la fois professionnel et émotionnel. Chez MSF, on peut continuer à être soi-même et les émotions ne sont pas taboues, parce qu’il est normal de réagir avec son coeur, et pas seulement avec sa tête ; le mix est autorisé et il est sain. »

L’espoir en action

Ce qui guide Aude, c’est « l’espoir en un monde meilleur ». Ce qui la porte, c’est autour d’elle la « richesse humaine… Humaniste, même », précise-t-elle. Et son combat reste lucide. « On peut influencer les choses, mais pas forcément les changer. Ce qui est important, c’est de faire tout son possible. C’est peut-être aussi savoir accepter certaines limites de son pouvoir, ajoute-t-elle. Je me bats pour quelque chose qui ne semble pas très réalisable ; il faut être légèrement allumé pour y croire. » À écouter Aude dans sa passion, on comprend qu’en effet, il est question de lumière. Construisant des chemins depuis l’étincelle affleurant dans l’aube d’une idée nouvelle jusqu’à la lueur ranimée aux yeux des secourus, Aude est de ces êtres éclairés qui livrent passage à des possibles insoupçonnés.

Propos recueillis par Marie Luc Mâlet

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