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Laurence Auzary (promotion 2019) aime le terrain. Après six mois passés à la fondation Yves Rocher, la voici en Haïti dans une jeune entreprise qui place l’éthique au coeur de son développement économique.

Lorsque vous parlez d’éthique avec Laurence, vous avez le plaisir de voyager de Paris à Haïti en quelques minutes.

Forte d’un stage à la Fondation Yves Rocher pendant son année optionnelle, et d’une expérience en marketing dans un projet entrepreneurial social et solidaire, Laurence apporte un vent de réalisme à la notion d’éthique des organisations. « Pour moi, l’éthique doit transpirer de la culture d’entreprise et donc de ses valeurs, explique-t-elle. Chacun doit être convaincu que l’éthique fait partie intégrante de la raison d’être de l’entreprise. Par exemple, le Groupe Rocher a un intérêt stratégique à protéger la diversité de la nature. Sans une gestion raisonnée du végétal, l’entreprise se condamne elle-même à moyen terme. L’ensemble des équipes, de la R&D au marketing, en passant par les RH et par la communication, doit s’assurer que les actions sont conformes aux valeurs de l’entreprise et contribuent à son développement. » C’est le b.a.-ba de l’entrepreneuriat, mais cela va mieux en le disant : pour se donner les moyens de sa politique, une entreprise éthique doit aussi défendre sa rentabilité.

L’éthique à l’épreuve du terrain

L’expérience de Laurence en Haïti, au plus près des populations les plus fragiles de la planète, offre un regard contrasté sur la mise en application des principes éthiques des sociétés occidentales. « Avant de lancer des actions sur le terrain, il faut bien comprendre le contexte local, la culture du pays, et anticiper leur impact sur la vie des populations locales. Par exemple, après le tremblement de terre de 2010, beaucoup d’ONG sont venues proposer leur aide. Malheureusement, il y a eu d’énormes gaspillages d’argent. »
Réfléchir à l’impact positif de son activité économique en local, c’est le choix qu’a fait ANACAONA Community, l’entreprise qui accueille Laurence pendant la seconde moitié de son année optionnelle. « Au-delà de son activité de recyclage de savon usagé, ANACAONA Community travaille sur trois problématiques majeures du pays, analyse Laurence, à savoir l’environnement, la santé et l’hygiène, la promotion de l’emploi des femmes. Mais le plus important, c’est de traduire les bonnes intentions en actes forts. De son côté, ANACAONA Community a employé et formé huit femmes haïtiennes vulnérables, les équipes sensibilisent les plus jeunes à l’hygiène des mains, et les savons sont emballés dans des packagings en fibre de sisal, la plante qui a fait la fortune d’Haïti dans le passé. »

Et à l’avenir ?

Dans l’immédiat, Laurence va revenir en France terminer son Master. Après, elle se laisse du temps pour réfléchir à son projet professionnel. Une chose est sûre, si l’opportunité se représente, Laurence retournera sur le terrain accompagner des entreprises qui ont mis l’éthique au coeur de leur développement économique.

 

— English version —

An ethical entrepreneurial approach that works for local people

Laurence Auzary likes working in the field. After six months at the Yves Rocher Foundation, she’s now working in Haiti for a budding company that puts ethics at the heart of business development.

When you talk about ethics with Laurence, you feel as if you’re seeing the realities of life in Haiti before your eyes.

Bolstered by an internship at the Yves Rocher Foundation during her work experience year, and with marketing experience in a social enterprise, Laurence has a realistic take on how ethics can work within organisations. “I think ethics have to be an integral part of company culture and company values,” she explains. “Everyone has to really believe that this is the real company’s purpose. For example, the Rocher Group has a strategic interest in promoting biodiversity. Without a sensible approach to the environment, the company would be sealing its own fate in the medium term. Every team, from R&D to marketing, HR to communications, has to ensure that their actions conform to the company’s values and contribute to its development.” It’s the basics of entrepreneurship, but it still bears repeating: an ethical business also needs to be profitable or it can’t help its chosen cause.

Testing ethics in the field

Laurence’s experiences in Haiti, working with one of the most vulnerable populations on the planet, offer a counterpoint to the way ethical principles are often applied in companies in more economically developed countries. “Before stepping into a situation, you need to understand the local context and the country’s culture, and anticipate what impact your actions may have on local populations. For example, after the earthquake in 2010, lots of NGOs came to offer help. Unfortunately, a huge amount of money was wasted.”
ANACAONA Community, the company that Laurence is working for during the second half of her year in industry, strives to ensure that financial success goes hand in hand with a positive impact on the local community. “As well as recycling used soap, ANACAONA Community works on three of the country’s major problems,” explains Laurence, “namely the environment, health and hygiene, and female unemployment. But the most important thing is to translate good intentions into meaningful action. ANACAONA Community has hired and trained eight vulnerable Haitian women, and its teams have raised awareness about hand washing among young people. Their soaps are packaged in sisal fibre, a product that was the cornerstone of Haiti’s economy in the past.”

Looking to the future

In the short term, Laurence plans to return to France to finish her Master’s degree. Then she intends to take some time to decide on her next step. One thing is for certain, if the opportunity arises, Laurence will return to the field to support companies that put ethics at the heart of business development.

Propos recueillis par Gildas Le Moigne (promotion 2005)


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