Développer la culture entrepreneuriale est au cœur de toutes les préoccupations et de nombreuses initiatives émergent pour en favoriser l’essor. La preuve avec le Global Entrepreneurship Network (GEN) qui se donne pour mission de rendre la création d’entreprise « plus simple pour chacun ». Cette plateforme milite pour l’entrepreneuriat en prônant en faveur d’un écosystème entrepreneurial global. Toutefois, la mise en place d’un tel environnement favorable implique de considérer l’entrepreneuriat comme une discipline et un métier transversal. Les pays Outre-Atlantique l’ont bien compris, à l’instar des États-Unis ou du Canada où des mesures ont été prises très tôt pour créer la culture entrepreneuriale.

Entreprendre se conjugue au féminin comme au masculin dès la petite enfance. Aux USA, les acteurs pédagogiques et les chefs d’entreprise se sont mobilisés pour insuffler aux enfants, dès l’école primaire, l’esprit d’entreprendre. Parce que le monde change, que le travail et ses méthodes évoluent, les enfants d’aujourd’hui qui seront les professionnels de demain devront être doués de flexibilité et de capacité d’adaptation mais aussi d’innovation. Des spécificités que nous retrouvons chez celles et ceux qui entreprennent. C’est ainsi qu’est né aux États-Unis, le mouvement « Teaching kids to become entrepreneurs » : « pitch kids », mentorat dès l’école primaire, vente de badge pour l’entrepreneuriat, bootcamp pour les plus jeunes, tout est fait pour faire rayonner l’entrepreneuriat. Au Canada, la culture entrepreneuriale est soutenue par des ateliers, des visites d’entreprises, des concours photos ou des activités de réseautage organisés autour de l’entrepreneuriat pour les enfants. A titre d’illustration, Academos, leader du mentorat pour les jeunes au Québec scande « être entrepreneur, c’est poursuivre sa passion et réaliser sa vision ». Cette entreprise propose des séquences de « tchat » avec des entrepreneurs et met à l’honneur l’entrepreneuriat de façon ludique grâce aux supports médias et digitaux (vidéo, quizz, tutoriels, témoignages). Tout est fait pour susciter des vocations intra ou entrepreneuriales !

Au Canada comme aux USA, l’enseignement de l’entrepreneuriat y est transversal, décloisonné. Les enseignants-chercheurs en entrepreneuriat rattachés au département de Sciences de Gestion dispensent leurs cours sur tous les campus et dans toutes disciplines : mathématiques quantiques, physique, médecine, pharmacie. En France, la matière n’est enseignée qu’en sciences de gestion et sciences économiques toujours dans une logique de cours magistraux très voire trop théoriques retirant l’essence même de la pratique. Entreprendre est encore un terme consacré. Toutefois il faut lever les tabous. Comment ? En repensant les programmes éducatifs et l’enseignement de l’entrepreneuriat. Il est temps de faire entrer l’entreprise à l’école pour provoquer des carrières entrepreneuriales. Encourageons les étudiants à entreprendre en favorisant le passage à l’acte.

L’EM Normandie a su développer un écosystème favorable à l’entrepreneuriat : son Institut de l’Innovation et du Développement de l’entrepreneuriat (InsIDE) forme, accompagne et incube les étudiants porteurs de projets entrepreneuriaux. Le travail au quotidien se fait main dans la main avec les équipes pédagogiques. L’incubateur participe ainsi, à titre d’exemple, aux réunions de copilotage de la spécialisation Startup et Développement Numérique, accessible en dernière année du Programme Grande Ecole, un programme qui forme des profils « T-Shaped » généraliste et spécialiste de l’entrepreneuriat digital. Pour sa 4e rentrée, un Hackathon a été lancé. Les étudiants du programme se sont regroupés en équipe autour de 9 projets de création d’entreprise utilisés en fil rouge pour tous les enseignements de l’année (design thinking, modèle économique, e-marketing ou encore DNVB). Le 19 mai prochain, chaque équipe passera un grand oral devant un jury composé de business angels, experts du digital, accompagnateur. La meilleure équipe remportera une dotation financière grâce à nos partenaires NXP, SPS-Filets et l’InsIDE. L’incubateur de l’école (lnsIDE) abondera en complément en offrant un an d’incubation aux gagnants. Pour renforcer les initiatives destinées au rayonnement entrepreneurial, la Région Normandie a signé avec l’école une convention permettant à l’étudiant qui entreprend de continuer dans sa lancée en réalisant son stage de fin de cursus (6 mois) dans son entreprise en création et rémunéré chaque mois. La gratification est financée par la Région.

Parce qu’entreprendre doit être décomplexé, repensons l’enseignement de l’entrepreneuriat et bâtissons l’école de demain.


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