Nous observons une défiance croissante vis-à-vis de la politique publique. Le fossé se creuse entre les électeurs et leurs représentants. Mais comment rétablir la confiance de la société civile ? Dans une analyse publiée sur The Conversation, Sébastien Bourdin, enseignant-chercheur à l’EM Normandie, étudie la solution de l’évaluation participative.

L’évaluation des politiques publiques permettrait de comprendre comment les interventions publiques ont été réalisées et quels résultats elles ont produits. Les décideurs  répondraient de leur devoir d’efficacité. Ils rendraient compte de leurs choix, des mesures prises pour les mettre en œuvre et répondraient de leurs conséquences. Un terme résume cette obligation : la redevabilité.

Pour que l’évaluation soit efficace, l’auteur souligne l’importance d’une approche décentralisée et participative. « Nous pensons que l’évaluation des politiques doit être décentralisée et réalisée par des tierces personnes/tiers organismes extérieur·e·s aux institutions les ayant mises en œuvre. En conséquence, l’évaluation devrait être réalisée par la communauté académique dans un schéma d’évaluation ouverte. Dans ce cadre, il semble aussi important d’intégrer un troisième « acteur » – en plus des élus-décideurs et des chercheurs – qui est à la fois opérateur et bénéficiaire des dites politiques : la société civile. Conçue au sens large, elle fait référence tout aussi bien aux institutions de surveillance/contrôle des politiques (tels que les Conseils de développement ou les CESER qu’aux citoyens (constitués en associations ou non). » À l’avenir, il semblerait souhaitable d’intégrer la société civile dans la démarche d’évaluation, y compris dans la construction de la démarche et la définition des indicateurs et critères de réussite. La société, qui profite des actions mises en place par la politique (ou les subit), serait ainsi également partie prenante active de leur conception et de leur évaluation. Elle pourrait ainsi devenir actrice d’une pratique évaluative de qualité.

Vous souhaitez en savoir plus sur cette approche participative ? Retrouvez l’analyse complète de Sébastien Bourdin sur The Conversation.

Analyse co-écrite avec Elena Ragazzi (Université de Turin, IRCrES) et publié en partenariat avec la Revue d’Économie Régionale et Urbaine dans le cadre de son dernier numéro spécial sur l’évaluation des politiques régionales en Europe.


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